Vignette vie affective et sexuelle

Vie affective, intime et sexuelle : retour sur l’événement J.O. organisés par le CREDAVIS et Intim’agir

Début juin, l’Unapei 92 était partenaire des Journées Orgasmiques organisées à Paris par le CREDAVIS et Intim’agir. Un partenariat en lien avec les actions menées par l’association autour de la vie affective, intime et sexuelle des personnes en situation de handicap accompagnées.

Près de 300 participants ont participé aux 2 journées sur le sujet ; des personnes en situation de handicap, des professionnels accompagnants dans les différents dispositifs et des familles.

Retour sur cet événement au travers des témoignages des participants du CAJ de Neuilly…

Au CAJ le Phare à Neuilly : la vie intime, un sujet travaillé en atelier citoyenneté

Le Festival Journées Orgasmiques a été particulièrement bien reçu par les participants du CAJ de Neuilly, tant par les professionnels que par les personnes accueillies, qui ont apprécié l’opportunité de discuter ouvertement de sujets souvent « confidentiels » ou mal compris. Cet événement a également contribué à les sensibiliser sur l’importance de la santé sexuelle et du bien-être.

Deux éducateurs du CAJ étaient présents aux côtés d’un groupe de personnes accompagnées. Une action qui s’inscrivait dans le cadre de l’atelier citoyenneté où la question de la vie intime est travaillée.

Le programme était riche et varié, comprenant des ateliers interactifs sur des sujets comme le consentement et le plaisir, des conférences animées par des experts en sexualité, psychologie et relations, des spectacles artistiques et érotiques célébrant le corps et la sexualité, ainsi que des stands et des expositions de produits liés à la sexualité et au bien-être. Ouvert à tous les adultes, le festival mettait un point d’honneur à être inclusif et respectueux de toutes les formes de diversité.

Après le festival, le sujet a été débriefé et les professionnels ont recueilli les appréciations des participants, ce qui a permis de renforcer les acquis et de partager les expériences vécues durant les deux journées.

En parler de manière bienveillante, en tenant compte du niveau d’acceptation de chaque personne

Radja, monitrice-éducatrice nous livre ici sa perception de l’événement « La question de la vie sexuelle et intime est abordée lors de nos ateliers citoyenneté, principalement sous l’angle du consentement mutuel et des comportements appropriés. N’étant que peu formée sur ce sujet, je me sens souvent hésitante et incertaine quant à la manière d’aborder correctement la sexualité. Cet événement a été particulièrement libérateur pour moi, car il a répondu à la question cruciale de savoir ce que je peux ou ne peux pas aborder avec les personnes que j’accompagne concernant la sexualité. En fin de compte, je peux aborder tous les sujets, mais de manière bienveillante et adaptée à la compréhension et au niveau d’acceptation de chaque personne.

Ce travail peut également être étendu aux familles, qui ont parfois des difficultés à aborder ces questions avec leurs enfants en situation de handicap, ce qui peut constituer un frein à l’épanouissement sexuel et au bien-être de leurs enfants. Il serait nécessaire d’imaginer un espace d’échange avec les familles où la question de la sexualité peut être abordée, expliquée et comprise. Cela montre bien l’importance d’une communication ouverte et éclairée sur ces sujets« .

Pour Christophe, éducateur spécialisé, « J’avais mes propres représentations sur la sexualité des personnes en situation de handicap. Cet événement m’a permis de déconstruire ces idées préconçues. J’ai pris conscience qu’il existe différentes formes de sexualités, toutes aussi légitimes les unes que les autres. Et il est possible d’aborder ce sujet sans tabous. Aujourd’hui, ma vision a évolué vers une représentation plus inclusive, basée sur l’acceptation et l’adaptabilité. »


Le projet de participation au festival a été présenté aux personnes accompagnées et une délégation s’est rapidement constituée. Théo, Wail, Loic, Guillaume, Salomé et Badis ont participé à l’événement, voici leur ressenti sur le sujet…

Guillaume, 28 ans, « Je ne savais pas qu’on pouvait se marier en étant en situation de handicap. J’aimerais bien avoir un bébé qui m’appellera Papa Guillaume« .

Wail, 27 ans, « J’ai aimé la séance de massage. J’ai vu des photos de filles nues, c’était bien ! Je reviendrai l’année prochaine c’est sûr »

Loic, 23 ans ,« C’est malin le spectacle. Nous y sommes allés avec Radja et Christophe. Pour faire un bébé, il y a un homme et une femme, c’est normal »

Stéphane, 43 ans « Nous avons vu des photos d’amour, moi, je n’aime pas ça ! Ce n’est pas mon truc. C’est pour ça que j’ai cédé ma place à mon copain le 2e jour ».

Salomé, 27 ans, « Nous avons parlé de faire l’amour. C’est normal ? Ca m’a plu, c’était grand. J’ai profité aussi des séances de massage et de maquillage. C’était cool. La maquilleuse m’a dit que j’étais belle« .

Badis, 23 ans, « Moi, j’ai demandé pourquoi on doit mettre un préservatif. C’est pour éviter d’être malade, prendre du plaisir et rester en bonne santé. Ce n’est pas interdit de faire l’amour »

Ecouter, échanger, accompagner les personnes en situation de handicap dans leur autodétermination, les professionnels sont au cœur de leur mission, en lien avec les attentes et les besoins de chacun ; comme nous l’avions perçu lors de la consultation numérique qui nous a permis de construire le projet associatif.
« Pour la Saint Valentin, je voudrais pouvoir aller au restaurant avec mon petit ami »  » Je veux qu’on parle plus d’amour » « Je voudrais mettre en place une organisation pour voir mon amoureux pour de vrai, partir en week-end avec lui » … Consultation numérique des personnes accompagnées – élaboration projet associatif 2023 – 2027 (automne 2022)

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