Mi-mai dernier se déroulait le festival de théâtre de rue Dans Tous Les Sens au sein des jardins du DAME de Vernouillet.
C’est à l’occasion d’un forum des associations en septembre 2023, que l’équipe éducative du Foyer du Mesnil a rencontré Virginie Foucaud, membre de la compagnie théâtrale Zest et Cie qui organise le festival. Après quelques échanges au sujet de ce rendez-vous du théâtre de rue, les professionnels et personnes accompagnées de nos établissements se sont proposés, en tant que bénévoles, pour appuyer l’organisation de l’édition 2024. Chacun avait à cœur de pouvoir être acteur du festival et de participer à sa riche programmation.
Les membres de l’Unapei 92 ont pu œuvrer sur plusieurs plans. Les participants aux activités manuelles ont ainsi créé des décors. L’atelier cuisine s’est quant à lui afféré aux fourneaux pour préparer des repas pour les bénévoles pendant le festival. Un des membres de notre établissement s’est même mis dans la peau d’un barman pour l’occasion. Il a ainsi assuré un service pour les festivaliers.
Dans Tous Les Sens a également été l’occasion pour nos musiciens au BaoPao de se produire et de présenter l’instrument. Un beau moment d’échange et de partage des passions avec les festivaliers.
Moment fort, une table ronde était organisée sur le thème de « l’accessibilité à la culture pour les personnes en situation de handicap ». Celle-ci a fait intervenir plusieurs personnes du milieu de la culture, des politiques, du travail social. À cette occasion, Gérard Brasse, accompagné au sein de nos établissements, a pris la parole pour porter la voix des personnes accompagnées. À ses côtés : Delphine Natu (directrice du foyer Gérard Vivien), Vanessa Konczylo (animatrice du foyer Gérard Vivien) et Maxime Boissier (Danseur et art thérapeute).
Les journalistes de l’atelier JT du foyer ont également apporté leur pierre à l’édifice. Ils ont en effet réalisé leur tout premier grand reportage sur le même thème que la table-ronde. Diffusé en direct sur internet et au festival, il a permis d’aiguiller les échanges qui ont suivi.
Grâce à un financement de notre association, l’atelier JT a pu investir dans une caméra haute qualité. Maintenant équipés, nos journalistes peuvent laisser libre court à leur inspiration et à leurs grands projets !
La participation au festival représente pour toutes les personnes accompagnées du foyer une fierté particulière. L’occasion de montrer leurs multiples talents et de concrétiser leur désir de création artistique. L’accueil des bénévoles et des festivaliers a été jovial et bienveillant. Tous sont très motivés pour reconduire leur participation l’année prochaine.
Merci à l’ensemble des personnes engagées dans ce bel évènement : Micheline, Véronique, Julie, Camille, Sylvie, Marjorie, Jacqueline, Gérard, Martial, Jérémy.
Découvrez le reportage « L’accessibilité à la culture pour les personnes en situation de handicap » :
Du 2 au 4 juillet derniers, avait lieu dans la ville de Decines Charpieu, près de Lyon, la 11e édition des Special Olympics en France.
Avec près de 1 000 athlètes venus de France, du Canada, de Belgique, d’Italie, de Monaco, 300 coachs et 500 bénévoles, ces jeux nationaux ont été synonymes de dépassement de soi, d’esprit d’équipe et de belles rencontres.
Cet événement, renouvelé tous les deux ans en France, prend sa source du mouvement associatif les Special Olympics à l’origine, créé aux États Unis en 1968. À l’échelle internationale, les Special Olympics sont présents dans près de 180 pays. Différents mais complémentaires aux Jeux Olympiques, les Special Olympics permettent aux personnes en situation de handicap mental, quelque soit leur âge, capacités physiques et sportives de participer à des jeux sportifs.
Les disciplines au programme 2024 :
Basketball 5×5,
Athlétisme,
Natation,
Judo.
D’autres disciplines étaient même composées d’équipes unifiées. Elles comprenaient personnes en situation de handicap et accompagnants réunis sous le même maillot : football à 7 et pétanque.
« La meilleure récompense c’est de voir le sourire des athlètes »
Claire Dupuy, responsable développement et partenariats France des Specials Olympics, nous présente l’événement :
« Nous avons travaillé sur le projet 2024 pendant plus d’un an. Le soutien de la ville de Décines Charpieu a été essentiel, à travers la mise à disposition de locaux, de moyens de transports, et d’équipements sportifs… Des partenaires privés nous ont aussi beaucoup aidé. Et notre association a pu s’appuyer sur toute une équipe de bénévoles pour encadrer l’ensemble de l’événement sur place mais aussi pour la totalité des épreuves sportives proposées (arbitres, présentateurs…) ».
Claire DUPUY
En parallèle de la compétition, un « parcours santé » permettant de bénéficier de consultations gratuites était proposé. Tous les athlètes pouvaient ainsi suivre trois programmes : vision, audition, podologie. Des professionnels de santé étaient volontaires pour assurer l’ensemble de ces visites sur place. Des partenariats ont été créés pour fournir à titre gracieux le matériel nécessaire (montures de lunettes par exemple…).
Et Claire DUPUY de conclure
« L’objectif de ces jeux ne réside pas dans l’obtention d’une médaille d’or mais bien dans la création de lien social, de partage, de se découvrir soi-même en prenant conscience de ses capacités et surtout, de prendre du plaisir. Chaque athlète, peu importe son classement, repart avec une médaille ».
Claire DUPUY
Les Pandakai : la délégation sportive de l’Unapei 92
Pour représenter l’Unapei 92 aux Special Olympics 2024, 5 établissements médico-sociaux ont participé à l’événement :
Un mouvement impulsé par la directrice de pôle, Marjorie MONTOIES et ses équipes éducatives et sportives. Au total 28 athlètes et 12 professionnels dont un coach sportif ont relevé le défi.
« Faire du sport en s’amusant »
Marjorie MONTOIES revient sur la mise en place du projet.
« L’idée c’était de créer une délégation Nord de l’Unapei 92, avec un slogan accrocheur : Les PANDAKAI.
C’est grâce à l’investissement de chacun ; athlètes et équipes éducatives engagées, que ce projet a pu prendre forme. Participer aux Special Olympics a permis aux personnes accompagnées de créer du lien social entre résidents des différentes structures mais également sur place avec les athlètes des autres délégations, de favoriser l’aller-vers, de réussir à faire des prouesses et d’en être fier ».»
Marjorie MONTOIES
« Faire du sport c’est possible, à chacun son défi »
Maryse NAUD, professeure en activités physiques adaptées intervient depuis 10 ans à l’Unapei 92. Elle met en place du multisports (foot, basket, athlétisme, gym…) et a monté avec une équipe d’éducateurs, il y a quelques années, un projet de marche hebdomadaire au cœur du Bois de Boulogne.
« Tout au long de l’année, je mets en place avec eux des activités sportives en adaptant mon discours et mes enseignements. Ils s’entraînent toute l’année, il fallait donc participer à un gros événement pour eux. Chacun met sa compétence au service de l’autre. C’est un investissement qui est nécessaire si l’équipe souhaite avoir des résultats et il est important de travailler dans le respect des capacités de chacun. »
Maryse NAUD
Françoise DAMIENS, aide-soignante au Foyer des Graviers et membre de la délégation Unapei 92 témoigne quant à elle de l’importance de participer à un tel événement :
« En participant, les personnes accompagnées prouvent qu’elles peuvent accomplir des choses sublimes, qu’elles en sont capables, c’est très valorisant pour l’estime de soi ».
Françoise DAMIENS
Place aux jeux, la délégation Unapei 92
Les Pandakai de l’Unapei 92 se sont alignés dans cinq disciplines : foot à 7, basket, natation, athlétisme et pétanque.
Sur l’ensemble des épreuves dans lesquelles les Pandakai concouraient, on les a retrouvé sur de nombreux podiums…
Médaille de bronze pour l’équipe de basket (Jérôme, Linda, Ayman, Cindy, Julie et Brandon)
Des premières places pour les athlètes des épreuves de course (médaille d’or pour Guillaume, médaille d’argent pour Badis sur le 100 m et or et argent pour Clara sur 50 et 100 m et Salma médaillée de bronze sur 50 m)
Médaille d’argent pour l’équipe de foot à 7 (Brian, Adrien, Renaud, Abde, Janssen, Zinedine, Théo, Cyril)
Des podiums aussi pour les nageurs Unapei 92 (Jessica, médaillée d’or sur 200 mètres, Delphine médaillée d’argent, Cindy médaillée de bronze sur 25 m et nage libre et on félicite également Isabelle et Léa 4e et 5e place sur 200 m)
Et des champions aussi sur les épreuves de pétanque (Vivien médaillé de bronze, Stéphane 5e place et Caroline et Alix en 6e place)
Et pour remettre une partie de ces médailles à nos athlètes, un champion olympique !
Alain Bernard, double médaillé d’or aux JO de 2008 et parrain des Special Olympics a eu l’occasion de féliciter les coureurs et les nageurs Unapei 92.
« L’esprit d’équipe, le courage, le dépassement de soi, la solidarité… les valeurs du sport sont universelles ; et ce sont aussi ces valeurs que partagent les athlètes des Special Olympics. C’est un vrai plaisir de les voir se dépasser et nous prouver à tous que les personnes en situation de handicap, les jeunes, les moins jeunes peuvent accomplir des choses extraordinaires »
Alain BERNARD
Les athlètes Unapei 92 témoignent
« J’ai participé pour différencier le handicap de chacun et se dépasser. C’est un honneur d’être dans une section foot, on apprend à jouer ensemble. C’est source d’émotions, ça provoque une énergie immense. Merci à l’association, aux super encadrants, coach et direction. On ressort avec la fierté d’avoir porté les couleurs de l’Unapei 92. »
Renaud ZAIGLE, 27 ans, équipe de football, évoluant au poste de gardien
« C’est ma première expérience, c’est super bien, on est en équipe. Chacun a son niveau, s’il y a un perdant c’est pas grave, c’est le jeu. »
Adrien WOJTYSIAK, 27 ans, équipe de football, évoluant au poste d’attaquant
« J’aime énormément le sport, depuis que je suis petite je regarde le sport en famille. J’aime la compétition, j’ai voulu faire les Special Olympics pour être compétitrice comme mon frère qui fait de la danse et voir les gens gagner des médailles. Ce que je préfère c’est encourager mon équipe, ne pas avoir la pression ne pas avoir peur des gens qui sont plus forts que moi, ne pas se dire que je suis nulle. J’ai fait ce que j’ai pu, c’est un tout. »
Cindy HELENO, 29 ans, nageuse 25 mètres nage libre, « Le handicap n’est pas une fatalité en soi »
Un grand bravo à tous les athlètes pour leur détermination, leur courage et leur énergie. Un grand merci également aux partenaires financiers ainsi qu’aux professionnels de l’association sans qui ce projet n’aurait pu voir le jour.
A l’occasion du Printemps de la sculpture, un partenariat inédit est mis en place ! Une artiste plasticienne photographe, le Foyer le Point du Jour ainsi qu’une classe de CM2 de l’école Thiers de Boulogne-Billancourt se sont réunis autour de la compréhension et de la création artistique.
Soutenus par le Conseil Départemental des Hauts-de-Seine, ils ont réalisé, sur plusieurs séances, une œuvre collective intitulée « un Leporello ». Cet immense livre accordéon, fruit d’une collaboration artistique, tire son inspiration des sculptures antiques du domaine de Saint-Cloud.
Pour arriver à cette création finale, les différents artistes ont profité d’un parcours dédié faisant grandir leur inspiration et imagination !
Le printemps de la sculpture s’invite au domaine de Saint-Cloud
Tout commença par la présentation du projet artistique et de l’histoire de la photographie au domaine de Saint-Cloud, afin que chacun s’imprègne de la réalisation envisagée. Une sortie en plein air qui fut également l’occasion pour les participants de se mettre dans la peau de sculpteurs et de sculptures pour mieux appréhender la création artistique. Chacun d’eux se mis alors en scène pour devenir à leur tour des statues grâce à une toile ainsi qu’à un jeu d’ombres et de lumières. De cette façon, ils créaient eux-mêmes la matière artistique qui allait les inspirer dans les prochaines étapes de l’œuvre.
Vint ensuite un travail sur cette matière artistique, afin qu’elle alimente la figure finale. Elèves de CM2 et résidents du foyer ont ainsi œuvrés sur les formes et couleurs qui composeraient le futur Leporello. Ces formes s’inspirent notamment des réalisations de Jean Dubuffet. Ceci en hommage au lieu d’exposition choisi pour accueillir la création qui est en train de germer.
La dernière étape se dédie au graphisme, collage et découpage pour donner naissance à l’œuvre finale.
En plus d’amener deux univers artistiques à se rencontrer, cette collaboration a permis de surmonter les barrières et a priori sur le handicap. Enfants et personnes en situation de handicap se sont rencontrés, ont échangés et appris à se connaitre les uns et les autres au-delà des différences.
Une œuvre collective à découvrir
Cette œuvre mixte, collective et intergénérationnelle est exposée tout l’été dans le hall de la Tour aux figures, sur l’Île Saint-Germain (170 Quai de Stalingrad, 92130 Issy-les-Moulineaux).
Une formidable expérience artistique et culturelle, où la mixité et l’intergénérationnel sont les maîtres-mots !
Pour en savoir encore plus sur cette réalisation, découvrez un document retraçant son parcours créatif en photos :
Les enfants accueillis au sein de deux IME de Clamart, la Maillerie et la Tissanderie ont remonté le temps pour partir à la conquête de l’Ouest la semaine dernière !
Avant la trêve estivale, les équipes d’accompagnement ont souhaité clôturer l’année d’une bien belle manière avec une « animation calèche » ! L’occasion pour les 40 enfants des deux établissements de découvrir un attraction des plus originales.
En milieu de matinée, une calèche, passe les portes des IME de Clamart pour embarquer à son bord nos jeunes aventuriers du jour. Répartis en petits groupes, sur deux jours, les enfants ont alors pu profiter d’une promenade en forêt de Clamart au rythme des chevaux. Cette escapade en pleine nature était également l’occasion de beaux échanges, rencontres ou simples sourires avec des passants à la fois surpris et émerveillés.
« Tout le monde était très enthousiaste : cette animation vient compléter les activités d’équithérapie qui ont lieu chaque semaine au sein de l’établissement. Ils ont vécu différemment le rapport à l’animal, la perception des mouvements de la calèche, la sensation de déplacement, les bruits de la forêt. Avec les équipes d’accompagnement, on a très vite noté des changements dans les comportements des enfants ; des yeux écarquillés, des rires et aussi de la sérénité et de l’apaisement. »
Elodie, éducatrice spécialisée à la Maillerie
Ces deux matinées ont également vu naître de belles rencontres entre les enfants des 2 établissements, au cours d’un déjeuner champêtre mélangeant les publics. Souriants et enthousiastes, les enfants des IME ont alors regagné leurs établissements. Heureux d’avoir pu partager un beau moment d’aventure !
En janvier dernier, nous vous présentions le beau projet de la mini-ferme du domaine de Vitray. Depuis, l’espace maraîcher et l’espace dédié aux animaux ne cessent de grandir, pour le plus grand bonheur des personnes accompagnées au sein de l’établissement.
Toute l’année, chacun peut participer à l’alimentation des animaux, à l’entretien de leurs espaces de vie et des serres de culture ou encore aux récoltes. Des activités à la fois ludiques et enrichissantes qui permettent aux personnes accompagnées de profiter de moments de détente tout en développant leur capacité d’agir. En effet, chaque membre actif de la mini-ferme peut ainsi prendre des responsabilités, s’engager et se voir confier une réelle mission. L’occasion de créer un sentiment de réalisation chez les personnes en situation de handicap.
D’un autre côté, les moments de calme partagés avec les animaux permettent d’apaiser les esprits. Les personnes accompagnées peuvent approcher les animaux, créer des liens et profiter d’un instant d’échange reposant.
Tous les jours, week-end compris, cette activité occupe une bonne partie de la matinée des résidents. Au total, ils sont une quarantaine à participer au projet.
Aujourd’hui, c’est en vidéo que nous vous proposons de découvrir la mini-ferme du domaine de Vitray :
Le 19 juin 2024, la ville de Bagneux organisait le Forum d’accès aux droits pour tous. Solipolis Bagneux était au rendez-vous !
Toute l’après-midi, à l’Espace Léo-Ferré, ateliers de prévention, d’échanges, de réflexion, de sport mais aussi de loisirs se sont enchaînés.
Pour l’occasion, une délégation de nos professionnels en ESAT de Solipolis Bagneux s’est rendue sur l’évènement ! Gilles, Anais, Pauline, France et Sofiane ont profité de moments de partage avec les visiteurs balnéolais. Ils ont ainsi pu expliquer et mettre en valeur leur travail en ESAT. Pour cela, des produits confectionnés par nos équipes étaient à disposition des visiteurs.
Ces discussions participent à la prise en compte collective, au sein de la société, du sujet du handicap. Par la rencontre et l’échange, c’est la perception du handicap dans sa globalité qui peut être repensée !
À 16 h 00, un théâtre-rencontre était également organisé afin de proposer aux visiteurs, une nouvelle façon d’aborder le sujet de l’accès aux droits. La pièce « L’homme qui n’avait pas inventé la poudre » a permis aux artistes, de même qu’au public, de réfléchir ensemble sur l’autonomie qui est laissée dans la vie affective des personnes en situation de handicap.
Un bel évènement, visant à faire évoluer les conscience, auquel les membres de Solipolis Bagneux ont été très fiers de participer.
Retour en quelques photos sur le forum d’accès aux droits pour tous :
Association loi de 1901, l’Espace Icare est une maison des jeunes et de la culture soutenue par la ville d’Issy-les-Moulineaux. Ses missions touchent un champ socio-culturel très large, avec près de 2 800 adhérents.
Du mercredi 25 au jeudi 29 juin derniers, l’Espace Icare a accueilli une exposition inédite, entièrement composée d’œuvres réalisées par des personnes accompagnées au sein de Solipolis Issy-les-Moulineaux et Meudon. « La quête de l’identité à travers l’art » invitait néophytes, amateurs et artistes confirmés à découvrir nombre de créations inédites et originales.
Allier art et handicap
Depuis 7 ans maintenant, Walaa DAKAK anime un atelier peinture au sein de l’ESAT Yvonne Wendling, devenu Solipolis Issy-les-Moulineaux le 1er janvier dernier. Chaque semaine, les professionnels en situation de handicap sont invités à prendre 2h pour venir créer et s’exprimer à travers l’art. Par groupe de 7 ou 8, ces artistes en herbe viennent chercher, essayer, sans viser la perfection mais pour suivre une réflexion.
Pour Walaa, c’est le cheminement qui compte. Se poser des questions, en poser aux autres, que chacun explique pourquoi il a choisi de créer sur une sujet particulier.
L’organisation de cette exposition, comportant par ailleurs de belles créations photographiques en plus des peintures, est également le fruit de l’investissement de personnel encadrant telle que Maria-Esther Katzenelson, psychologue.
Rendre l’art concrètement accessible à tous
Tout d’abord, des exercices pratiques sont organisés pour permettre à chacun d’apprendre la technique. Grâce à cette base pratique, les participants peuvent ainsi gagner en confiance. Le but est de leur donner tous les outils nécessaires pour s’exprimer pleinement.
Toutefois, chacun ne va pas réceptionner cette première étape de formation de la même façon. Walaa souligne notamment que la grande diversité de participants implique que chacun n’exprime pas la même motivation. Pour lui, cette dernière passe en premier lieu par la valorisation du travail de création. C’est pour cette raison que Walaa incite ses élèves à signer leurs œuvres, tels de réels artistes. Il prennent ainsi conscience de la valeur de leur réalisation.
Une fois ce temps de formation passé, vient le temps de la création. Walaa demande alors à chacun de partager un plaisir, un message qui leur tient à cœur. De nombreuses personnes en situation de handicap ont une volonté de s’engager. L’art doit les aider à exprimer cette volonté d’engagement. L’une des plus belles récompenses de cet engagement, souligne Walaa, reste l’étonnement affiché par les visiteurs de l’Espace Icare.
In fine, Walaa espère que ces ateliers de création artistique permettront que davantage d’initiative soit laissée aux personnes en situation de handicap. Il rappelle la nécessité d’écouter les personnes accompagnées, sans les diriger. « Ne pas travailler pour eux, mais avec eux. »
Une exposition inédite à l’Espace Icare
À la suite d’un prise de conscience, il y a 20 ans de cela, sur le handicap, les équipes de l’Espace Icare ont profité de la construction d’un nouveau bâtiment, pour que le sujet de l’accessibilité soit davantage pris en compte. Le conseil d’administration de l’époque voulait alors que les différentes activités proposées fassent la part belle aux projets en rapport avec le handicap.
Après un atelier cirque initié en 2003,le projet s’étend. Il touche la musique, l’écriture, la danse ou encore les échecs. Ce sont alors tout autant de collaborations et de liens qui se tissent avec les ESAT et CAJ avoisinants. L’Espace Icare a in fine ouvert ses ateliers tout public aux personnes en situation de handicap. Ce sont ainsi de 20 à 30 personnes qui s’intègrent dans des groupes dits « ordinaires » chaque saison.
Nous avons pu échanger avec Jean-Philippe BRUN, Directeur de l’Espace Icare, autour de l’organisation de cette exposition. L’occasion d’aborder, plus globalement, la place du handicap dans le monde de l’art :
Il y a une créativité impressionnante. Ce sont des personnes qui s’expriment beaucoup, qui sont heureuses de trouver un lieu d’expression culturelle, entourées par des intervenants professionnels. J’ai été très surpris du rendu de leurs travaux, qui n’a rien à envier au travail des personnes dites « ordinaires ».
Jean-Philippe BRUN
Jean Philippe BRUN revient en effet sur l’ambition commune qui anime l’Espace Icare et Solipolis Issy-les-Moulineaux. Celle de permettre aux personnes en situation de handicap de disposer d’intervenants de qualité.
Le sujet de l’accès à du matériel professionnel est également essentiel. C’est pourquoi l’Espace Icare appuie des projets tel que le spectacle Emoi et moi. Mis-en-scène par la compagnie Lez{ar{, cette dernière a pu faire une représentation dans un salle dédiée à l’art théâtral. L’occasion pour la compagnie de profiter de matériel professionnel pour se produire.
Le directeur de l’espace Icare évoque également le sentiment de fierté. Notamment lorsque les personnes en situation de handicap découvrent leurs œuvres exposées :
Un moment marquant reste l’instant où Manon (une professionnelle accompagnée en ESAT et travaillant en tant qu’agent d’entretien à l’Espace Icare), ressentis une grande fierté en retrouvant ses peintures accrochées aux murs de l’Espace Icare. Tous les jours, pendant son travail, elle arpente les couloirs et salles d’exposition. Cette fois, c’est son propre travail qu’elle a eu la joie de voir exposé !
Jean-Philippe BRUN
Les personnes en situation de handicap ont ainsi accès à l’art. Non pas seulement en tant que public, mais en tant que véritables acteurs de la création artistique.
L’Espace Icare se donne pour objectif de répondre à la question « Comment dépasser la peur du handicap ? ». Pour Jean-Philippe BRUN, la réponse se trouve dans une quête continue de l’inclusion. Au sein de l’ensemble des activités artistiques proposées par la structure. L’atelier danse a par exemple ouvert ses portes à tous les publics. Le seul critère demandé ne dépend donc pas du handicap de la personne mais uniquement de sa passion pour une pratique artistique.
L’intégration de personnes en situation de handicap dans des groupes a toujours été une réussite. Leur présence au sein des différentes activités, avec des personnes n’ayant pas de handicap, s’est à chaque fois révélée être un plus.
Jean-Philippe BRUN
Une exposition traduisant les bienfaits du lien entre art et handicap
Les bienfaits de la peinture pour les personnes accompagnées, Ludovic, un de nos artistes en herbe, nous en parle :
J’ai découvert la peinture il y a 2 ans en commençant l’activité par curiosité et je suis présent chaque semaine !
J’avais beaucoup d’imagination, de pensées, que je voulais exploiter. La peinture m’aide à le faire, ça me détend, je peux créer des choses intéressantes. J’aime beaucoup créer des histoires.
Je vais à mon rythme quand je peins. J’aime ça et je veux continuer à peindre l’année prochaine !
Ludovic, artiste en herbe, accompagné à Solipolis Issy-les-Moulineaux
Pour Walaa, ce qui reste le plus marquant dans les réalisations de Ludovic est le message humain qu’il aime transmettre à travers ses œuvres. Nous pouvons notamment l’observer dans ses trois œuvres. Dès la première, Ludovic met en scène un sportif encourageant un athlète paralympique. Ludovic essaye ici de dépeindre ce qui représente pour lui une valeur humaine essentielle : l’entraide et le soutien pour le dépassement de soi !
Ne manquez pas le prochain rendez-vous donné à l’Espace Icare… une nouvelle exposition photographique inédite ! Julien MARTIN, professionnel en situation de handicap chez Solipolis Issy-les-Moulineaux, revient sur la beauté des animaux et de la ferme. Du 17 septembre au 11 octobre, « Escapade Normande » vous propose une sortie en nature grâce à de nombreux clichés.
Bravo à l’ensemble des professionnels en situation de handicap de Solipolis Issy-les-Moulineaux (anciennement ESAT Yvonne Wendling) et Solipolis Meudon (anciennement ESAT Georges Dagneaux et Susanne Lawson) pour la réalisation de ces belles œuvres présentées.
Un remerciement tout particulier est à adresser à l’ensemble des personnes ayant œuvré pour le succès de cette exposition :
Maria-Esther KATZENELSON, Pauline GEUJON, Arthur ZELLER, Jean-Philippe BRUN et bien entendu Walaa DAKAK.
Leur investissement prouve que l’art est un formidable moyen d’expression et de recherche d’identité pour les personnes en situation de handicap !
Retour sur un échantillon des différentes œuvres présentées et quelques croquis pensés à l’approche des Jeux Olympiques de Paris 2024 :
Comme chaque année, la cérémonie de Reconnaissance des Acquis et de l’Expérience (RAE) a réunis des centaines de personnes. Organisée à Meaux, cette édition, a vu plus de 200 lauréats être récompensés. La RAE est un dispositif permettant de valoriser toute compétence professionnelle sur la base de connaissances obtenues sur le terrain. « Différent et Compétent », l’association qui l’a imaginé, souhaite ainsi démontrer que les compétences s’acquièrent par la responsabilisation, aussi bien via les réussites que les échecs, peu importe le handicap.
Pour valider les compétences obtenues, un moniteur accompagne chaque professionnel durant 6 mois. Ce dernier part du référentiel émis par le ministère de l’Éducation nationale, adapté par les équipes de D&C, sur les compétences à acquérir dans un domaine et s’assure que le professionnel accompagné dispose de chacune d’entre elles.
Fort de ce temps de 6 mois d’accompagnement, les professionnels se présentent devant un jury. Ils sont alors amenés à décrire la réalisation de leurs tâches quotidiennes, ou au besoin d’en faire la démonstration. Le but étant non pas de souligner les échecs mais de valoriser les acquis.
—
Solipolis Suresnes et Nanterre sont fiers d’avoir pu accompagner 7 professionnels vers cette reconnaissance. Barbara, Nathalie, Evens, Ronan, Bruno, Marc et Cédric ont ainsi pu brandir fièrement le certificat attestant de leurs compétences professionnelles acquises.
Parmi ces RAE mises à l’honneur durant la cérémonie officielle :
Conditionnement : Barbara et Marc, reconnus « Agents de conduite de système industriel »,
Blanchisserie : Nathalie et Cédric reconnus « Agents d’entretiens des articles textiles »,
Espaces Verts : Evens, Ronan et Bruno reconnus « Jardiniers / Paysagistes ».
Hayat et Mohammed, tous deux moniteurs, ont également reçu leur certification d’accompagnement à la RAE. Ils pourront dorénavant accompagner à leur tour des professionnels de nos établissements vers la RAE et le sentiment de reconnaissance qui l’accompagne.
C’était un beau moment, de ceux qui nous rappellent pourquoi nous faisons ce métier et qui donne du sens à notre accompagnement du quotidien !
Marion BROCHARD, Directrice adjointe Solipolis Suresnes
Début juin, l’Unapei 92 était partenaire des Journées Orgasmiques organisées à Paris par le CREDAVIS et Intim’agir. Un partenariat en lien avec les actions menées par l’association autour de la vie affective, intime et sexuelle des personnes en situation de handicap accompagnées.
Près de 300 participants ont participé aux 2 journées sur le sujet ; des personnes en situation de handicap, des professionnels accompagnants dans les différents dispositifs et des familles.
Retour sur cet événement au travers des témoignages des participants du CAJ de Neuilly…
Au CAJ le Phare à Neuilly : la vie intime, un sujet travaillé en atelier citoyenneté
Le Festival Journées Orgasmiques a été particulièrement bien reçu par les participants du CAJ de Neuilly, tant par les professionnels que par les personnes accueillies, qui ont apprécié l’opportunité de discuter ouvertement de sujets souvent « confidentiels » ou mal compris. Cet événement a également contribué à les sensibiliser sur l’importance de la santé sexuelle et du bien-être.
Deux éducateurs du CAJ étaient présents aux côtés d’un groupe de personnes accompagnées. Une action qui s’inscrivait dans le cadre de l’atelier citoyenneté où la question de la vie intime est travaillée.
Le programme était riche et varié, comprenant des ateliers interactifs sur des sujets comme le consentement et le plaisir, des conférences animées par des experts en sexualité, psychologie et relations, des spectacles artistiques et érotiques célébrant le corps et la sexualité, ainsi que des stands et des expositions de produits liés à la sexualité et au bien-être. Ouvert à tous les adultes, le festival mettait un point d’honneur à être inclusif et respectueux de toutes les formes de diversité.
Après le festival, le sujet a été débriefé et les professionnels ont recueilli les appréciations des participants, ce qui a permis de renforcer les acquis et de partager les expériences vécues durant les deux journées.
En parler de manière bienveillante, en tenant compte du niveau d’acceptation de chaque personne
Radja, monitrice-éducatrice nous livre ici sa perception de l’événement « La question de la vie sexuelle et intime est abordée lors de nos ateliers citoyenneté, principalement sous l’angle du consentement mutuel et des comportements appropriés. N’étant que peu formée sur ce sujet, je me sens souvent hésitante et incertaine quant à la manière d’aborder correctement la sexualité. Cet événement a été particulièrement libérateur pour moi, car il a répondu à la question cruciale de savoir ce que je peux ou ne peux pas aborder avec les personnes que j’accompagne concernant la sexualité. En fin de compte, je peux aborder tous les sujets, mais de manière bienveillante et adaptée à la compréhension et au niveau d’acceptation de chaque personne.
Ce travail peut également être étendu aux familles, qui ont parfois des difficultés à aborder ces questions avec leurs enfants en situation de handicap, ce qui peut constituer un frein à l’épanouissement sexuel et au bien-être de leurs enfants. Il serait nécessaire d’imaginer un espace d’échange avec les familles où la question de la sexualité peut être abordée, expliquée et comprise. Cela montre bien l’importance d’une communication ouverte et éclairée sur ces sujets« .
Pour Christophe, éducateur spécialisé, « J’avais mes propres représentations sur la sexualité des personnes en situation de handicap. Cet événement m’a permis de déconstruire ces idées préconçues. J’ai pris conscience qu’il existe différentes formes de sexualités, toutes aussi légitimes les unes que les autres. Et il est possible d’aborder ce sujet sans tabous. Aujourd’hui, ma vision a évolué vers une représentation plus inclusive, basée sur l’acceptation et l’adaptabilité. »
Le projet de participation au festival a été présenté aux personnes accompagnées et une délégation s’est rapidement constituée. Théo, Wail, Loic, Guillaume, Salomé et Badis ont participé à l’événement, voici leur ressenti sur le sujet…
Guillaume, 28 ans, « Je ne savais pas qu’on pouvait se marier en étant en situation de handicap. J’aimerais bien avoir un bébé qui m’appellera Papa Guillaume« .
Wail, 27 ans, « J’ai aimé la séance de massage. J’ai vu des photos de filles nues, c’était bien ! Je reviendrai l’année prochaine c’est sûr »
Loic, 23 ans ,« C’est malin le spectacle. Nous y sommes allés avec Radja et Christophe. Pour faire un bébé, il y a un homme et une femme, c’est normal »
Stéphane, 43 ans « Nous avons vu des photos d’amour, moi, je n’aime pas ça ! Ce n’est pas mon truc. C’est pour ça que j’ai cédé ma place à mon copain le 2e jour ».
Salomé, 27 ans, « Nous avons parlé de faire l’amour. C’est normal ? Ca m’a plu, c’était grand. J’ai profité aussi des séances de massage et de maquillage. C’était cool. La maquilleuse m’a dit que j’étais belle« .
Badis, 23 ans, « Moi, j’ai demandé pourquoi on doit mettre un préservatif. C’est pour éviter d’être malade, prendre du plaisir et rester en bonne santé. Ce n’est pas interdit de faire l’amour »
Ecouter, échanger, accompagner les personnes en situation de handicap dans leur autodétermination, les professionnels sont au cœur de leur mission, en lien avec les attentes et les besoins de chacun ; comme nous l’avions perçu lors de la consultation numérique qui nous a permis de construire le projet associatif. « Pour la Saint Valentin, je voudrais pouvoir aller au restaurant avec mon petit ami » » Je veux qu’on parle plus d’amour » « Je voudrais mettre en place une organisation pour voir mon amoureux pour de vrai, partir en week-end avec lui » … Consultation numérique des personnes accompagnées – élaboration projet associatif 2023 – 2027 (automne 2022)
Découvrez le rapport d’activité 2023 de l’Unapei 92, présenté et validé lors de l’assemblée générale du 25 mai dernier. L’occasion de revenir sur l’année écoulée à travers ses moments forts, ses chiffres clés et ses projets à venir.
En parcourant les pages de notre rapport d’activité, vous pourrez aborder les nombreux sujets qui ont animé l’année de l’association.
Dans le rapport d’activité 2023 on parle aussi « Démarche qualité » et « Habitat ». Deux sujets qui font écho aux engagements du projet associatif 2023-2027. Suite logique de ce dernier, le projet stratégique a été défini, à travers 9 axes de travail majeurs, que nous vous présentons dans le rapport.
Revivez également les évènements qui ont rythmé la vie associative tout au long de l’année et qui font le quotidien des membres de l’Unapei 92 : professionnels, personnes accompagnées, familles et adhérents !
Tout cela est à découvrir dans le rapport d’activité 2023 :